LA VILLA DES CENT REGARDS

Ce jeudi 7 Décembre, nous partons à la découverte de la villa des 100 regards au cœur du quartier d’Aiguelongue à Montpellier.
Alain notre guide, nous attend devant la fameuse villa. Accueillant et passionné, il nous raconte l’histoire de cette construction incongrue et de son bâtisseur. Il nous entraine sur les pas de Victor Grazi et de sa famille, ménageant le suspens, oubliant de répondre à nos questions pour mieux nous dévoiler les réponses au moment opportun, au gré de la visite.

Victor Grazi nait en Lombardie en 1896, il épouse Ilda Boldoni en 1921. Ils quittent l’Italie en 1922, fuyant le fascisme. De cette union naitront 2 enfants, Louis et Electra.
En France où ils s’installent, il devient maçon tout en suivant des cours de l’école supérieure de béton armé de Rome, le soir, par correspondance.
Arrivé à Montpellier, le ménage achète en 1937 un terrain de 2000m2 à Aiguelongue en pleine campagne, car à l’époque, après Saint Lazare, c’est la campagne…
Sur ce terrain planté de vignes, Victor débute la construction de sa maison. La journée, il travaille comme maçon aux ordres d’un contremaitre, le soir il devient le patron.
Ilda son épouse, qui travaille la vigne dans la journée, devient son manœuvre, gâche le béton, remplit les seaux de ciment, les hisse à l’aide de cordes et de poulies. C’est une femme forte, solide qui seconde son mari. La vie n’est pas facile à l’époque, il n’y a pas l’eau à la maison et il faut aller à pied jusqu’au cimetière Saint Lazare et remonter les seaux à bout de bras ou avec un tombereau jusqu’au terrain.
Tout l’argent du ménage est investi dans la construction. Ils ramènent toutes sortes de matériaux de récupération, graviers ramassés lors de promenades, ferrailles et autres jusqu’aux ressorts de sommiers quand la ferraille manque pour armer le béton !…Ecologie avant l’heure ou économie domestique ??
Victor construit une cave pour le vin, les cuves y sont en béton (on remarque au plafond les marques de planches incrustées dans le béton). Peu à peu, l’étrange maison voit le jour, flanquée d’une tourelle crénelée, surmontée d’une pointe, flèche ou mat de navire. Du sommet de la tour, on voit la mer..
Guidés par Alain, nous découvrons les cuves pour préparer le sulfate pour la vigne, les décorations sur les murs, le cube de béton où Victor garait sa Lambretta..
A l’étage , l’intérieur de la maison évolue ( de 1948 à 1954 ) : entrée, couloir carrelé avec des carreaux de récupération, porte en béton armé aux lourdes ferrures et gonds solides, chambre de Ilda et Electra, leur fille.
Aucun plan, aucun croquis, aucun papier : Victor a tout dans la tête et ne dévoile à personne son projet. C’est son œuvre…
En 1954, Ilda meurt.
Après le décès de son épouse, Victor, jour après jour, continue son rêve et s’efforce de finir sa maison, ajoutant des éléments décoratifs, au gré de sa fantaisie : tour de Constance et remparts d’Aigues Mortes, une réplique de l’hôtel particulier de la Coquille ( place de la Canourgue ), statues, éléments végétaux, sapins fusées, boules de buis.
Au fronton de sa maison, il inscrit : « VILLA DES CENT REGARDS « , on peut compter dans l’ensemble des constructions 100 petites fenêtres comme autant de regards..
Un matin de 1970, Victor est hospitalisé pour une intervention bénigne. Il ne retrouvera plus ses outils.
Electra, sa fille, mariée, ne vit plus dans la maison qui reste alors à l’abandon.
Pendant 14 ans, la maison est ouverte à tous vents, enfants rêvant de chevaliers et de châteaux, jeunes gens squattant le lieu pour des fêtes, des rencontres et parfois des rendez-vous amoureux..
Des visiteurs indélicats pillent, volent, saccagent, vandalisent, les buis en béton sont rasés,les murs couverts de tags.
En 1984, la mairie achète la maison qu’elle revend en 2005 à un particulier qui, amoureux du lieu, crée l’Association pour l’animation de la villa des cent regards.
La villa devient alors le lieu d’activités culturelles : ateliers/expositions/conférences/édition de livres d’artistes.
La Villa est à nouveau vandalisée en 2017, pour voler les tuyaux, les murs et les constructions tagués.. Depuis 2019, notre guide Alain, membre actif et passionné de l’Association, retape la maison, la restaure, nettoie toute la villa au karcher, découvrant ainsi de nombreuses sculptures (petits lapins etc..) sans doute destinées aux petits enfants de Victor.

Aujourd’hui, la Villa ouverte au public pour des visites et des conférences, est un lieu vivant et animé incontournable.
Construction d’un maçon au talent méconnu, création d’un illuminé (on l’appelle aussi la maison du fada) ou œuvre d’une vie d’un homme tenace, passionné et particulièrement imaginatif, la Villa aux cent regards appartient entièrement au patrimoine montpelliérain. Elle nous invite au rêve et à la découverte..
Ne manquez pas d’aller jeter un regard curieux sur cette villa surprenante, au cœur du quartier d’Aiguelongue.
Maryse Vedel

 

 

AGDE – 16 novembre 2023

50 personnes sont impatientes de découvrir la Villa Laurens, ce monument historique de la “Belle Epoque” ouvert au public depuis le mois de juin qui a demandé 16 ans de rénovation. Nous traversons les espaces extérieurs qui sont en cours d’aménagement. Il faudra patienter pour que la nature s’installe.
En 1897,  Emmanuel Laurens, ce jeune aventurier passionné de musique et de voyages, qui hérite à 25 ans d’une fortune colossale, entreprend la construction de ce palais où l’orientalisme, l’Art Nouveau, les influences grecques se répondent dans une explosion de couleurs et de décors de théâtre foisonnants.
Nous arrivons sur le perron avec ses colonnes en marbre qui font penser à l’entrée d’un temple. Elles font face à un immense magnolia centenaire. Nous visitons les appartements privés du rez de chaussée, le cabinet de travail au plafond décoré où un splendide vitrail recouvre tout un mur donnant sur la terrasse. Nous nous dirigeons vers un magnifique escalier de marbre qui mène au 1er étage de l’atrium : un puits de lumière, une explosion de couleurs, des décors peints, des boiseries raffinées, des ferronneries délicates, des céramiques : tout est magnifique !!!. Puis nous découvrons un salon mauresque, un salon de musique ressemblant à une chapelle avec ses magnifiques vitraux de 10 mètres de hauteur, des appartements privés. Ce lieu de plaisir, de fêtes, de réceptions somptueuses nous a enchantés. Nous sommes ébahis devant tant de beauté !!!!.
Malheureusement, la crise de 1929 verra le déclin d’Emmanuel Laurens qui sera contraint de vendre en viager le domaine et le château qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1959. La propriété restera à l’abandon pendant une trentaine d’années.
Grace aux subventions de l’Europe, de l’Etat, de la Région, du Département, ce petit joyau, ce chef d’oeuvre architectural, a retrouvé sa splendeur d’antan. Cette restauration aura couté 17 millions d’euros et aura été le plus gros chantier de restauration du patrimoine de la région Occitanie.
Francette

AGDE
Agde  est surnommé « perle noire de la méditerranée » en raison de ses bâtiments construits  en pierres basaltiques. Les phocéens y furent présents au VIème avant Jésus Christ. Agde est donc considérée ville portuaire depuis l’antiquité.
LE MUSEE DE L’EPHEBE
C’est le seul musée de France consacré à l’archéologie et paléontologie sous-marine et sub-aquatique : Site proto-historique situé entre la Méditerranée et l’étang de Thau.
En 1964 fut découvert dans le fleuve Hérault  un navire «  le Jeanne Elisabeth » qui fit naufrage en 1755. Les plongeurs vont mettre à jour son contenu.
Dans  le département « navigation » nous découvrons des amphores servant à transporter du vin mais  également l’armement des navires : ancres en pierre ou plomb et sondes
Dans le département « antique » un tableau en céramique  représentant : « le jugement de Marsyas qui défia Apollon »
Dans le département des « bronzes »  statue représentant Eros ou Cupidon dieu de l’amour. Avec l’enfant royal, il faisait partie d’un chargement d’oeuvres d’arts destinées à une riche villa romaine.
En 1992 fut découvert  une cargaison de lingots de plombs, amphores et céramiques sigillées.
Espace Figuerolles : statue d’un jeune garçon représentant l’un des fils de Cléopâtre VII et Jules  César.
Département des bronzes : en 1964 découverte de l’Ephébe dans le lit de l’Hérault. Elle reste à ce jour le seul grand bronze hellénistique. Les spécialistes voient en cette statue une effigie d’Alexandre le Grand;
Département Proto-Histoire : (1er âge du fer) Un dépôt  de bronzes a  été prélevé dans un habitat  construit sur les bords du fleuve érodé par les crues et les courants. 326 objets en bronze dont des bijoux ont été mis à jour ainsi que du mobilier.
Des plongeurs de la société  archéologiques de Béziers sortent de l’eau 690 kilos de lingots de cuivre, de plaques d’étain et de plomb.
Tous ces objets illustrent le commerce des bronzes qui circulent dans la société locale au cours du VIème siècle avant notre ère.
Marylène

Direction Marseillan où la maison Noilly Prat connue dans le monde entier, élabore un des premiers vermouths français depuis 1813.
Une guide passionnée et très professionnelle nous conduit dans le chais (le plus important foudre a une capacité de 40200 litres). Elle nous explique que le fameux Noilly Prat est confectionné à partir de 2 cépages blancs : le picpoul et la clairette. Le vin vieillit dans des foudres en chêne du Canada pendant 8 mois et est transvasé dans des fûts de chêne du Limousin dans un enclos à ciel ouvert pendant 1 an. Il rejoindra le hangar où le précieux liquide va macérer avec un mélange d’herbes aromatiques  (coriande, cardamone, cannelle, oranges amères, iris, boutons de roses). Dans  la “chambre des secrets” il sera remué  (selon les rites ancestraux) uniquement à la main à l’aide d’un grand fouet  2 minutes tous les jours et pendant 3 semaines.
Le circuit nous fait découvrir l’historique de la famille Prat et l’évolution du packaging des étiquettes dans le temps.
Puis le moment que tout le monde attend : la dégustation. Un bar en forme de cercle nous attend où nous pouvons déguster les différents vermouths :  l’original Dry, l’Extra Dry, le rouge et le Ambré.
Puis passage à la boutique où de nombreuses personnes sont reparties avec des sacs bien lourds. (je ne donnerai pas de noms)
Belle découverte que cette  maison Noilly Prat. Nous avons fait une visite très intéressante et très complète dans un cadre agréable.
Francette

Merci à Jacques qui agrémente nos récits de ses
PHOTOS