LE JURA

Ce lundi 26 septembre 2016, de bonne heure et de bonne humeur, nous sommes 42 adhérents à rejoindre le bus qui nous emmènera vers le Jura, cette belle région française que nous allons découvrir pendant 4 jours.  Après 7 heures de route, nous atteignons  la région des lacs. Le restaurant est le bienvenu (le petit déjeuner est loin) et après un repas bon et copieux , nous chaussons les baskets pour une promenade digestive de 3,7 km. Nous nous enfonçons dans les sous bois pour suivre le “Hérisson”, petite rivière qui prend sa source au niveau du lac de Beaulieu dont le  parcours est jonché de cascades. Dommage, en cette saison il y a peu d’eau, mais c’est une très jolie promenade, dans une atmosphère reposante. Quelques personnes ont fait demi tour, mais nous nous retrouvons pour rejoindre Lons le Saunier où nous passerons les 3 nuits. Pas facile d’arriver à la maison diocésaine de Montciel : notre chauffeur doit assurer entre les marche arrière, les routes étroites avec un bus de 12 mètres, surveiller les rétroviseurs. C’est étroit, très étroit, ouf ! ça passe !!! mais le côté droit s’avançait dangereusement de l’angle du mur !!!. Il ne faut pas manquer de concentration. Enfin, nous prenons possession de nos chambres avant de nous retrouver dans la salle à manger pour le repas du soir.                                                                                          Francette

mardi 27 septembre

Après une bonne nuit de repos (la précédente avait été très courte) départ à 8h pour Arbois. Petite cité vigneronne, c’est la capitale des vins du Jura. C’est à pied que nous partons à la découverte d’Arbois, flânant sur une place rythmée d’arcades, des rues où les maisons vigneronnes qui montrent la richesse des habitants côtoient les hôtels particuliers, jusqu’à la tour Gloriette et l’église ST Just du XII siècle.

Puis nous reprenons le car direction Salins-les-Bains pour une visite guidée de la Grande Saline et du Musée du sel.

La Grande Saline de Salins-Les-Bains, comme toutes les salines de la région de Franche-Comté, utilisait les sources d’eaux salées comme matière première. Depuis le VIII siècle, la ville a acquis sa prospérité grâce au sel “l’Or Blanc”, c’est un sel « ignigène » obtenu par évaporation artificielle de la saumure par le feu
Au Moyen Age, on se contentait de chauffer l’eau des sources car on croyait que si l’on creusait en profondeur on arrivait en enfer .Aussi on n’obtenait que 30g de sel par litre de saumure .Peu à peu on a puisé l’eau de plus en plus profond, augmentant ainsi la teneur en sel. Différentes techniques se sont succédées dans le temps pour puiser puis pomper cette saumure .Pour pratiquer l’évaporation de ces saumures, pendant plusieurs siècles, le bois a servi de combustible. Mais pour des raisons calorifiques et économiques le charbon fut adopté au début du XIXème siècle .A cette époque on avait compris l’origine de cette eau salée et on puisait l’eau à 240m de profondeur augmentant ainsi la teneur en sel à 330g par litre.

La Grande saline de Salins-les-Bains est un rare exemple de site industriel antérieur au XIXe siècle. Elle occupe une superficie de 15 500 mètres carrés au cœur de la ville. Seuls 20% des bâtiments existent encore aujourd’hui : la porterie du XIXe siècle désormais occupée par l’office de tourisme, la galerie souterraine, deux tours de fortifications, et l’un des anciens bâtiments d’exploitation où se trouve le musée du sel. Pendant la visite nous avons pu imaginer le dur labeur des sauniers dans la galerie et dans la salle des «  poêles » (nom donné aux chaudières). L’eau salée était chauffée pendant 17 à 18 heures pendant ce temps le sel se déposait au fond de la poêle, puis était retiré et placé par les sauniers sur des plans inclinés où il s’égouttait pendant 6 heures (tout cela dans la chaleur des fours et les vapeurs acides de sels).

L’exploitation a cessé en 1962. Les salines ont été rachetées par la commune 4 ans plus tard. En juin 2009 les salines de Salins-les-Bains ont été reconnues patrimoine mondial par l’Unesco tout comme la Saline royale d’Arc-et-Senans que nous devons visiter cet après midi.

 Il est temps de reprendre le car direction Arc-et-Senans pour rejoindre le restaurant « le Relais ».

Après un bon repas nous repartons pour visiter la Saline royale impressionnante par son corps majestueux et la taille de ses bâtiments. La saline royale d’Arc-et-Senans est une des plus importantes salines d’Europe. Elle a été édifiée par l’architecte visionnaire Claude –Nicolas Ledoux de 1775 à 19779 en bordure de la forêt de Chaux. Elle fonctionnera en complément de la saline de Salins-les-Bains grâce à 2 Saumoducs (conduites de bois puis de fonte) longs de 21km qui amenaient la saumure depuis Salins-les-Bains. Elle constitue un témoignage rare de l’histoire de l’architecture industrielle du XIII siècle. Elle est aujourd’hui plus célèbre pour l’architecture de ses bâtiments que pour son activité industrielle. En effet, les constructions et les bâtiments industriels ne sont pas liés, les 11 bâtiments indépendants sont construits en arc de cercle autour de la grande cour des bois.

Le bâtiment d’entrée du site permettait de contrôler les entrées et sorties.il comportait un poste de garde , une prison, un lavoir et four banal

La maison du directeur, située au centre du demi arc de cercle permet de surveiller l’ensemble des bâtiments et des ouvriers (présence d’un oculus sur le fronton). Le centre du bâtiment (escalier et péristyle) servait de chapelle à l’ensemble du personnel, la galerie au-dessus de l’entrée permettait aux autorités de suivre l’office sans côtoyer les ouvriers.

Actuellement elle abrite une exposition sur la culture du sel et des salines à travers tous les continents. De très beaux clichés restituent la lumière et les couleurs des paysages du sel et d’autres sont tournés vers les hommes et leurs gestes au travail

Derrière la maison du directeur un petit bâtiment abritait les écuries.

Les bernes deux immenses bâtiments symétriques situés de part et d’autre de la maison du directeur servaient à faire chauffer la saumure dans les poêles.

Les bâtiments de commis eux aussi au nombre de deux, situés aux extrémités du diamètre. L’un portait le nom de gabelle. (impôt sur le sel)

Les berniers deux bâtiments symétriques servaient à loger les ouvriers et leurs familles. Comme les autres édifices ils étaient disposés le long du demi-cercle.

Actuellement l’un d’entre eux abrite le Musée Claude Nicolas Ledoux où une soixantaine de maquettes nous présentent cet architecte visionnaire .Ces projets d’architecture néo-classique, de développement économique et social, souvent futuristes et utopiques (projet d’atelier des cercles, atelier des charbonniers, cimetière, maison de plaisir, ville idéale de Chaux…) nous permettent de mieux connaitre l’œuvre de cet architecte avant-gardiste.

La maréchalerie et la tonnellerie situées de part et d’autre du bâtiment d’entrée servaient l’une à la fabrication et la réparation des poêles, l’autre au cerclage des tonneaux utilisés pour transporter le sel.

Les jardins situés sur le pourtour extérieur de la saline étaient autrefois cultivés par les ouvriers. Ils abritent maintenant une exposition « Festival des jardins » que nous avons parcourus à la fin de la visite

Retour au car pour la dernière visite : une cave des vins du Jura.

Chez Paul Benoit et Fils à Pupillin, la propriétaire nous explique l’élaboration du vin jaune et du vin de paille et nous fait déguster les différents cépages de la région (Chardonnay et Savagnin pour les vins blancs, Ploussard Trousseau et Pinot noir pour les rouges). Le vin jaune est vinifié uniquement avec du Savagnin sans ouillage, c’est-à-dire sans combler par du vin l’espace qui se crée sous la bonde dans les tonneaux de bois, il se forme alors un voile de levures sur le liquide qui protège le vin de l’oxydation et lui confère ses arômes caractéristiques. Certains n’ont pas pu résister à la tentation et sont repartis avec quelques bonnes bouteilles pour les offrir ou les déguster entre amis

La journée s’achève il est temps de rentrer, merci à Francette pour cette belle journée.                                                                                                  Aline Bourrier

mercredi 28 septembre

Au programme de cette journée, BAUME LES MESSIEURS, le château d’ARLAY, CHATEAU CHALON.

A l’issue d’une nuit calme agrémentée d’une grâce matinée, d’une T° de 12° et d’un ciel parfaitement dégagé, le thème de cette demie journée est axé autour du mot « MESSIEURS » …sans aucun doute ce choix a été fait pour rééquilibrer l’insuffisance représentative des hommes présents au sein du groupe soit 13 pour 30 femmes … !!! Mais comme chacun sait : le nombre ….

A l’issue d’un court déplacement en bus, nous découvrons des falaises blanches aux parois verticales qui bordent une magnifique vallée glacière partiellement noyée dans la brume d’où émerge un long clocher…et de cette brume émane aussi la première interrogation du matin : où se situe l’abbaye ? où se situent les grottes ? Faut-il y aller en bus ? à pied ? le doute levé, nous débutons la visite de l’abbaye St PIERRE de BAUME-LES-MESSIEURS ;

Ancienne abbaye bénédictine datant du IX° siècle, elle fut d’abord « mère de CLUNY » avant d’en devenir la « fille » au XII° siècle. Elle répond à la maxime…… « Comtois rends toi, nenni ma fois !! »

Appelée « BAUME LES MOINES » jusqu’au XVIII° siècle, elle est soumise à CLUNY, puis l’abbaye évolue. Ainsi à partir de 1759, les 40 moines respectent la règle de St BENOIT et deviennent les chanoines : cette évolution se répercute sur la toponymie du village qui devient «  BAUME-LES-MESSIEURS ». A la révolution, les maisons canoniales deviennent biens de l’état et sont vendues à 15 propriétaires privés. La collégiale devient église paroissiale, à présent classée aux monuments historiques.

L’église abbatiale St PIERRE de style roman se caractérise par une grande nef de 45 m de long et 14 m de haut avec alternance de 3 piliers -1rond -1carré -1 orthogonal. Elle possède derrière l’autel un retable tryptique de 15 scènes immortalisant la passion du Christ. Il fut offert par la ville de GANT. Dans la chapelle attenante gisent 4 tombeaux dont celui de Renaud de Bourgogne mort en 1421.

Visite des grottes de Baume-les-messieurs ;

Après être passés devant les magnifiques cascades des tufs, nous visitons les grottes découvertes en 1610 à présent classées  Natura 2000. Longues d’environ 500 m de galeries, situées à 120 m sous terre, irriguées par une rivière souterraine et un lac, les grottes actuelles se visitent uniquement 6mois de l’année et nous avons clôturé la saison… ! les 360 marches et quelques passages bas et étroits ont éliminé DAIA.. ! Ce qui n’est pas le cas des chauves-souris « FEMELLES » qui prennent possession des parois de la 1ère salle en cette période afin d’y passer un hiver confortable et de laisser leurs empreintes personnelles sur les parois. Au fur et à mesure de notre progression, nous découvrons de nombreux « drapés » dont notre imagination (bien guidée par celle de notre guide) transpose en draperies, marmites, voir éléphants …blancs ! etc.…sans oublier les fameuses stalactites et mites.

Après l’effort…le réconfort sous la forme d’un… bon repas pris au restaurant des grottes, bien sur,  et dont la digestion sera effectuée pendant le transfert vers la 1ère visite de l’après midi.

Visite guidée du château d’Arlay

C’est le Comte Alain de La Guiche (himself) qui nous accueille. Il sera notre guide pour la visite de son château et nous narrera surtout l’historique de son arbre généalogique.

Le château d’Arlay est une construction privée du XVIII°siècle qui prend pied sur les ruines du château fort précédent datant du XIII°siècle ; classé monument historique, il est réputé être le plus ancien « château-vignoble » de France. Je ferai une synthèse de son histoire car très riche et très mouvementée elle serait longue comme en témoigne l’introduction faite par notre  « noble » hôte … !

Le premier château fut construit au XIII°siècle par les comtes de Chalon qui exploitent les mines de sel de Salins les Bains et …pas que …. ! Par la suite et au gré des mariages entre gens du « même rang » notamment avec les héritiers de la Principauté d’Orange, ou par filiation (maison Nassau), le comté étend ses tentacules au delà du Jura, de la Bourgogne, voire de la Franche Comté…jusqu’à la révolution ou la comtesse du Grand Lauragais, propriétaire des lieux est guillotinée à Paris et les biens dispersés. En 1825, le prince d’Arenberg, son petit-fils, reprend possession des biens qu’il transmet à ses héritiers jusqu’à ce jour. A partir de 1960, le comte Renaud de Laguiche suivi par son fils Alain (notre guide du jour) exploitent le domaine viticole vieux de plus de 1000 ans et exportent annuellement environ 90000 bouteilles de vin du Jura sur les 5 continents.

La visite de l’intérieur du château se limite au rez de chaussée principalement axée sur les appartements de la princesse (d’Arenberg), du prince, de la salle de bain, de la bibliothèque, du grand salon équipé notamment d’un fourneau à cheminée enfouie dans le plancher et d’une cheminée en « trompe l’œil » à l’intérieur de la bibliothèque.

LA FRUITIERE DE LAVIGNY

Entre 2 visites, un arrêt quasi obligatoire à la fruitière (fromagerie) de Lavigny à permis d’éviter une rébellion tant la tentation d’achat était forte … !!! Cette halte à permis à 90% des participants(es) d’acquérir quantité de …comté, morbier, tomme etc …à des prix défiant toute concurrence et qui ont permis de parfumer les soutes du bus avant d’embaumer pour longtemps encore le frigo  de tout un chacun.

Visite libre du village de Château Chalon.

CHATEAU CHALON est un village médiéval classé parmi les plus beaux villages de France mais aussi commune viticole du Jura dont le vignoble produit du vin jaune très réputé. Perché sur un éperon rocheux (altitude 560m) il surplombe la vallée de la Haute Seille et offre des vues panoramiques exceptionnelles à partir de 2 belvédères. Son bâti se caractérise par un château fort du IX°S, des vestiges de fortifications, d’une église alliant art roman et premier gothique avec un toit de « laves » ou lauzes.

Déambuler dans les ruelles de ce village procure une sensation de calme, de bien vivre, d’incitation à la flânerie et à une certaine dévotion au vin du Jura dont il n’est pas utile, ici, de rappeler le nom des cépages …. mais hélas il est déjà l’heure de reprendre le bus pour retourner vers notre pied à terre !!!

AH quelle belle journée ! Comme on aimerait tant en vivre plus souvent, n’est ce pas MESDAMES …avoir vu BAUME LES MESSIEURS et repartir avec autant de baume au cœur !!!                                                              Jean Claude Horens

jeudi 29 septembre

Jeudi, dernier jour de notre voyage dans le Jura. Après avoir remercié le directeur et son personnel très accueillants, nous quittons avec regret la Maison Diocésaine de Montciel pour nous rendre à Beaune en Bourgogne. Nous traversons le nord de la Bresse et, à notre habitude, nous arrivons à l’heure pour visiter l’Hôtel-Dieu qui était destiné aux “pauvres” malades.

Cet hôpital, fondé par Nicolas Rolin et sa femme Guigone de Salins… les Bains ! (la route du sel continue !), a été rendu célèbre entre autres, par le tournage du film « La Grande vadrouille ».

C’est le monument moyenâgeux le plus emblématique des Hospices de Beaune qui sont également propriétaires d’un important patrimoine dont 60 ha de vignes. La vente aux enchères des vins des hospices de Beaune est mondialement connue. Les prix s’envolent car certaines cuvées peuvent parfois atteindre plus de 1000 euros la bouteille ! Les producteurs de Saint-Georges font des vins de qualité, mais la concurrence est difficile !

Notre guide Catherine nous accueille dans la cour d’honneur. Nous nous trouvons face à un magnifique bâtiment dont le toit recouvert de tuiles vernissées, colorées, aux formes géométriques et richement orné de nombreuses lucarnes, girouettes, gargouilles, galerie avec des colonnettes etc.. en font un monument d’une beauté exceptionnelle.

Ce bâtiment comportait de nombreuses salles : laboratoire, pharmacie contenant de nombreux pots en faïence (notre guide nous énumère plusieurs médicaments dont “l’huile petit chien” ancêtre du viagra !), cuisine, mouroir où les opérations étaient effectuées par un barbier au milieu des mourants. Super avant d’aller au restaurant ! Une salle plus petite, réservée aux malades plus aisés, était la seule à être chauffée !

Lui faisant face, un bâtiment beaucoup plus sobre et couvert  d’ardoises était réservé aux pauvres (pôvres en vieux français) offre un contraste saisissant. Nous entrons dans la salle des « pôvres » où des religieuses soignaient les malades indigents. Cette salle immense, richement décorée, 620 m² et 16 mètres de haut (hauteur voulue à l’époque car on pensait que la maladie se propageait par les odeurs), était occupée de chaque côté par une trentaine de lits à rideaux rouges. Un polyptyque de 15 panneaux représentant le jugement dernier était accroché  au fond de la salle pour être visible de tous les malades.

Nous terminons la visite de l’Hôtel-Dieu par le grand polyptyque que nous regardons à la loupe !

Nous partons ensuite vers le restaurant « La bâche » situé près de Beaune. Bon repas bourguignon terminé par le traditionnel « Ban bourguignon ».

Peu après le départ, silence dans le car : digestion oblige !

A l’arrivée remerciements à la présidente et au bureau de C & C pour l’organisation de ce circuit qui a fait l’unanimité.                                                                                      Daniel Lusset

C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons découvert cette région sous le soleil avec ses lacs, ses vignobles, ses sites naturels exceptionnels, ses reculées, ses grottes, ses abbayes, ses cités de caractère et ses magnifiques paysages.

Je remercie les participants qui ont bien voulu faire le compte rendu de chaque journée.                                                                         Francette

diaporama de Janine

      visionnage film “C&C_JURA”

 

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