CHARMES DE THAÏLANDE – 16 au 27 mars 2026

Lundi 16 et mardi 17 mars 2026 – jours 1 et 2
Nous en avons parlé pendant 1 an et nous y voici. C’est parti pour 24 heures de voyage.
Transit par Istambul où nous sommes émerveillés devant l’immensité et la beauté de l’aéroport. Arrivée à Bangkok à l’heure et avec tous les bagages (ce qui n’est pas toujours le cas).
Nous faisons connaissance avec notre guide Yoth, mais au moment de prendre le bus, une personne manque à l’appel et s’est perdue dans l’aéroport. Nous cherchons et ne retrouvons pas le bel oiseau qui s’est envolé, a pris un taxi et nous attend dans la chambre d’hôtel.
Un premier aperçu de la ville : un mélange impressionnant et fascinant de tours modernes qui côtoient les temples anciens, les cabanes délabrées qui servent d’habitations. La chaleur est intense, environ 35° : il va falloir nous y faire !
Francette Pohl

Mercredi 18 mars 2026 – jour 3

Départ matinal (6h15) pour le marché ferroviaire de Maeklong dans le sud de Bangkok (70 km du centre).
Ce marché traditionnel dédié au commerce local s’étend sur près de 100 mètres. Il est antérieur à la ligne de chemin de fer. Celle-ci, construite début XXe siècle sous le règne de Rama V, visait à acheminer rapidement les produits de la mer (Golfe de Thaïlande) vers Bangkok. Chaque fois qu’un train arrive (6 fois par jour), le klaxon retentit et tous les vendeurs rabattent les auvents ou parasols en quelques secondes. Le train passe à vitesse réduite et la vie reprend le long de cette voie ferrée. Étals de fruits et légumes, de poissons, fruits de mer, viandes, épices colorées, de tissus, objets artisanaux. Stands de street food.


Puis direction une entreprise de fabrication de sucre de fleur de coco.
Le cocotier est   une espèce de palmier (mais pas un arbre) « arbre aux 100 usages » ou « arbre de vie » (pulpe de coco, lait de coco, crème de coco, eau de coco, coprah, huile de coco, sucre de coco, alcool, fibre de coco, « bois » de la tige, palme, fleurs ou inflorescences, objets de décoration….)
Le récoltant doit grimper en haut du cocotier, inciser la fleur et disposer un récipient en bambou dans lequel la sève va s’écouler lentement. Après cuisson, la mélasse est écrasée et cristallise naturellement.

Ensuite, à bord de pirogues à moteur, direction le marché flottant de Damnoen Saduak, province de Ratchaburi à environ 100km au sud-ouest de Bangkok. En 1866, le roi Rama IV a fait aménager une voie navigable reliant entre les rivières Maeklong (à l’est) et Tha Chin (à l’ouest) pour faciliter la navigation entre lieux de production et lieux d’approvisionnement. Vers les années 1960, le transport se fait par la route et ce marché a maintenant une vocation touristique pour montrer à quoi ressemblait la vie de Bangkok autrefois.  Étals de fruits tropicaux, légumes, crustacés, beignets, brochettes, soupes aux nouilles. Étals de bijoux, tissus faits à la main, objets artisanaux.

Puis départ pour Kanchanaburi, la ville d’or située à 120 km à l’ouest de Bangkok. Durant le trajet, notre guide nous fait goûter des spécialités : une crêpe à l’œuf de canne et un beignet de banane (qui ne doit être ni trop mûre ni trop dure) et nous fait partager les expressions locales pour « aller aux toilettes » : « tuer ou chasser le lapin » pour les messieurs et « cueillir la fleur » pour les dames !

Durant le trajet, nous apercevons des rizières (1ere exportation de la Thaïlande), des champs de canne à sucre, de manioc et de maïs ….Après le déjeuner au restaurant en plein air, direction les chutes d’eau de Sai Yok Noi et le chemin de fer de la mort.

Le chemin de fer de la mort tire son nom des milliers de prisonniers essentiellement Américains, Britanniques, Australiens, Néerlandais qui sont morts lors de la construction de cette liaison de 415km entre Bangkok et Rangoun. En 1941, les Japonais occupent le royaume du Siam et obligent celui-ci à lutter à leurs côtés. Les Japonais décident de construire un gigantesque réseau ferroviaire pour prendre le contrôle de la Birmanie alors sous contrôle britannique….Les ingénieurs avaient estimé à 3 années la durée de construction nécessaire, ce délai a été ramené à 17 mois au prix de la vie de plus de 17 000 prisonniers de guerre occidentaux.
Puis direction l’hôtel à Kanchanaburi pour ensuite dîner sur une barge tractée : ambiance musicale et soirée dansante sur la rivière Khwai depuis laquelle nous apercevrons le fameux pont que nous irons voir le lendemain en plein jour.

Mireille Quintane

Jeudi 19 mars 2026 – jour 4
Aujourd’hui, c’est « grasse mat » ! Départ 7h00 tapantes !  C’est pas les vacances, c’est le voyage, dixit notre guide !
Départ pour Kanchanaburi pour la visite du Pont de la rivière Kwai, on dit « Kwééé ».
Il est là, dans la belle lumière du matin, fait de béton armé et de fer, à l’origine construit en bois, rénové après bombardement. Nous fredonnons tous la chanson du film de David Lean : Hello, le soleil brille, brille…
C’est un pont ferroviaire qui franchit la rivière Kwai Yai à Kanchanabury. Il est traversé par la ligne Siam- Birmanie dite « chemin de fer de la mort ». Construit pendant la 2ème guerre mondiale par des travailleurs forcés sous les ordres de l’Armée Impériale Japonaise : 415 km, 17 mois de construction par 80% de prisonniers de guerre anglais, 15000 morts durant les travaux.
C’est un ouvrage iconique de la Thaïlande.

Après une petite balade aux cascades proches de la dernière gare actuelle de la ligne de chemin de fer, nous embarquons à bord de ce fameux chemin de fer de la mort dont il ne subsiste aujourd’hui que 77 km de voies. Spectacle impressionnant au bord de la falaise, à flanc de montagne qui nous laisse bien imaginer les risques encourus par les prisonniers.
A l’arrivée, nous faisons une courte visite du Cimetière des Alliés, 6982 plaques de prisonniers de guerre Anglais, Australiens, Américains.
Puis, Bang Pa In où nous visitons la résidence d’été de la famille royale actuelle. A l’entrée, contrôle très strict des tenues, ici, on ne plaisante pas avec la « décence » Nous découvrons un mélange de styles Thai et Victorien. En effet, de 1869 à 1910 Rama V fit ses études à Londres et a ainsi ouvert la Thaïlande au style occidental (dont la conduite automobile à gauche)

Nous continuons notre périple vers AYUTHAYA, ancienne capitale des rois de Siam, fondée au XIVe siècle, au bord du fleuve Chai Diam, site très important pour le transport des marchandises.
Aujourd’hui, on y découvre un parc archéologique de 15 km 2 riche en temples, site unique classé par l’UNESCO.
La restauration est assurée par des enseignants et étudiants des Beaux-Arts suivant la technique ANASTYLOSIS. Nous admirons le Wat Mahathat, le Wat Phra Sri Samphet et le Wat Ratcha Burana, WAT signifiant Temple. Ces temples datent du XIVème siècle, construits en briques rouges très noircies aujourd’hui par le temps et la pollution dont on a beaucoup de mal à imaginer la splendeur passée.Mais cette restauration minimaliste semble être une réelle volonté politique.

Fin des visites, départ vers l’hôtel où certains profitent avec bonheur de la piscine….
Repas typique et repos.
Maryse Vedel
Video: RPL

 

Vendredi 20 mars 2026 – jour 5
Nous démarrons notre 5ème jour à 7 heures après un déjeuner copieux et varié et surtout après une meilleure nuit de sommeil grâce à un climatiseur moins bruyant que la veille.
Nous voilà partis pour une heure de route, cap sur la province d’Ang Thong à environ 100 km au nord de Bangkok. Le temple Wat Muang se trouve près de la ville d’Ang Thong (qui a donné son nom à la province). Ce temple bouddhiste a été construit au 17e siècle, terminé au 18e puis longtemps abandonné après avoir été détruit par l’armée birmane. Au 20e siècle, grâce à un moine local et des donateurs, le temple a pu être restauré.
A l’entrée du temple, on aperçoit un bâtiment, salle d’ordination, entouré de grandes pétales roses, symbolisant la fleur de lotus.
A droite, le sanctuaire au sommet duquel se trouve à chaque coin Garuda (roi des oiseaux, chef des aigles). L’aigle protège le sanctuaire du temple. C’est une croyance hindouiste du 7e au 12e siècle, puis bouddhiste. Garuda est aussi représenté sur les billets de banque.
Nous visitons ensuite le sanctuaire de verre, principal lieu de prière,  protégé par de grandes statues de nagas. L’intérieur du bâtiment est recouvert de miroirs abritant une statue de Bouddha en argent et un cercueil où l’on peut voir le moine momifié naturellement (cinq moines momifiés ainsi en Thaïlande).
Un moment de la visite surprenant et même un peu effrayant, un ensemble de scènes représentant l’enfer bouddhiste, deux très hauts personnages aux langues démesurées et derrières eux, des scènes de torture, des punitions des âmes damnées. Ces scènes illustrent les conséquences possibles des 5 préceptes du bouddhisme qui sont :

  • Ne pas détruire la vie sauf pour manger
  • Ne pas voler
  • Ne pas mentir
  • Ne pas pratiquer l’adultère
  • Ne pas prendre de substances altérant l’esprit

On arrive enfin devant l’immense et majestueux Bouddha doré assis, haut de 95 mètres, le plus haut de Thaïlande. Sa construction a duré 18 ans et le résultat en vaut la peine. La statue domine le temple de Wat Muang.
Nous quittons le Wat Muang et nous dirigeons vers un autre temple, le Wat Tha Sung, un magnifique temple blanc de cristal, qui se trouve à 1h30, dans la province d’Uthai Thani. Notre guide nous apprend qu’il n’y a pas moins de 32.000 temples et 300.000 moines en Thaïlande !
A l’origine, c’était un modeste petit temple. Mais au 20e siècle, un moine très charismatique du nom de Luang Phor Ruesi Lingdam va le reconstruire petit à petit avec l’argent de très nombreux donateurs.
Le temple est aujourd’hui l’un des endroits les plus fréquentés et réputés pour la méditation en Thaïlande.
A la mort du moine, en 1992, son corps est momifié lui aussi naturellement et est exposé dans un cercueil de verre.
Devant le temple, des statues dorées représentant les neuf rois Rama décédés, de Rama 1 (fondateur de Bangkok) à Rama 9. Actuellement le roi Rama 10 règne.         
En entrant dans le temple, nous sommes éblouis par la beauté du lieu, tout scintille, tout est recouvert de petits miroirs, les nombreux poteaux, le plafond, lustres en cristal. C’est absolument magnifique.
Des moines et des bouddhistes prient, il y a de nombreuses offrandes.
Nous quittons le temple et allons à la rencontre de Miss Savon dans un restaurant botanique. Miss Savon, personnage singulier et haut en couleurs, confectionne et vend des savons sculptés. Les bénéfices réalisés par ces ventes seraient destinés à financer sa transformation d’après notre guide. Dans le jardin botanique du restaurant, nous avons pu admirer des bananiers et de belles fleurs exotiques. Nous avons beaucoup apprécié ce bel endroit pour la pause déjeuner.
Nous poursuivons notre route vers le nord pendant quatre heures jusqu’à Phitsanuloke. Sur la route, nous longeons parfois la rivière Nan et observons des maisons traditionnelles en bois sur pilotis. On entre dans la ville par un pont, de chaque côté un temple, on traverse la rivière. Notre hôtel, le Ruean Phae Royal Park, se trouve en centre-ville. Une baignade à la piscine est la bienvenue.
J’arrête là… oh la la mal à la tête…
Loly Molero

Vidéo: René P

 

samedi 21 mars 2026 – jour 6
Phitsanulok – Sukothai – Phrae
Nous quittons l’hôtel Ruean Phae Royal Park de Phitsanulok un peu avant 8h.
Nous nous dirigeons toujours vers le nord en direction de la province de Phrae.
Vers 9h, nous arrivons à la ville de Sukothai (Aube de la félicité en thaï et première capitale du Siam). Nous passons une bonne partie de la matinée à visiter à pied le parc historique de la ville avec ses nombreux temples datant du 16ème siècle dont le plus important est le Wat Mahathat. Joli parc arboré avec quelques étangs et de beaux espaces verts. Ce parc correspond à l’ancienne ville fortifiée par des talus en terre cernés de douves.
Nous reprenons le car vers 11h15 et nous le quittons peu après pour prendre 2 songthaew (grands taxis avec banquettes) qui nous emmènent chez l’habitant pour le repas du midi que nous prenons dehors sous les arbres. Cuisine thaï bien entendu !
Nous retrouvons ensuite le car pour 2h30 de route. Nous quittons les rizières pour des forêts de tek dans les collines.
Nous arrivons à Phrae vers 16h. Notre guide nous emmène alors visiter une fabrique artisanale de vêtements teintés au bleu indigo.
Puis nous allons au village voisin Cho Hae visiter le temple bouddhiste Phra That.
Vers 18h nous sommes de retour à Phrae pour nous installer à l’hôtel Phoom Thai Garden où une chanteuse nous régale de bonnes chansons américaines et nous invite à quelques pas de danses.
Encore une belle journée bien chargée en visites et rencontres avec du beau temps toujours très chaud.
Jean Paul Landrieux

dimanche 22 mars 2026 – jour 7
1ère escale dans la province de Phrae pour visiter la Wongburi House : une belle maison en teck construite entre 1897 et 1907 dans un mélange de style occidental et savoir-faire thaï. C’était la maison de l’ancienne famille royale de la province de Phrae à l’époque où cette province était indépendante. Le teck, bois de la région, était alors exploité avec l’aide des éléphants. Le résultat est cette grande maison à deux étages, bâtie en briques et stuc, coiffée d’un toit à quatre pans, et ornée d’un travail du bois d’une finesse remarquable. A l’intérieur, des documents comprenant notamment les concessions d’esclaves au début du 20ème siècle, des photos, des meubles en teck et d’autres objets de l’époque.

Visite du temple Wat Pong Sunan. Longtemps abandonné, il fut reconstruit à partir de 1929 grâce à la générosité de la famille Vongburi, il est situé à coté de la maison en teck. Le portail d’entrée, surmonté par des stupas dorés, fait directement face à l’Ubosot(salle d’ordination), un bouddha allongé près de l’entrée, et une tortue géante sont à l’extérieur du temple.

Puis direction la ville de Phayao pour quelques courses et voir le lac du même nom : Kwan Phayao. C’est le plus grand lac d’eau douce du nord de la Thaïlande, d’une superficie d’environ 20 km2, crée par la construction d’un barrage dans les années 40. Puis arrêt au temple de Wat Huay Sai Khao, temple atypique communément appelé temple Disney.

L’après-midi visite du temple Wat Rong Khun situé au sud de Chang rai, appelé aussi temple blanc. D’une blancheur spectaculaire, il symbolise la pureté du bouddhisme, il est incrusté de morceaux de miroir pour refléter la lumière. Sa construction débute en 1997 par un artiste Thaïlandais Chalermchai Kositpipat, il est très endommagé en 2014 par un tremblement de terre, et doit être démoli pour des raisons de sécurité[, il sera ensuite reconstruit avec l’ajout d’une magnifique grotte entièrement sculptée.

Nous terminons la journée par une visite en pirogue à moteurs sur la rivière Kok pour débarquer au village de Ruam Mit. Les villages de cette région montagneuse sont peuplés d’anciennes tribus   Karen et Akha. Ce sont des minorités ethniques qui ont fui la Birmamie et se sont installés depuis plusieurs générations dans plusieurs villages dans les montagnes autour de Chang Rai. Ils ont été évangélisés au XVIIIème, on a donc pu voir une église plutôt qu’un temple en se baladant dans le village. Ces minorités très pauvres, vivaient sans électricité, ni confort et beaucoup avaient développé la culture de l’opium. Le gouvernement a proposé des aides, l’éducation des enfants et l’apprentissage de la culture d’autres plantes que l’opium. L’artisanat et le commerce s’est ainsi développé et le peuple s’est enrichi. L’habitat traditionnel, à base de bambou vert pour les murs et de feuilles de palmier pour le toit, est peu à peu remplacé par des constructions plus modernes.
Nos avons été accueillis dans le 1er village par 2 beaux pythons en demande de câlins, mais les pauvres n’ont été qu’admirés par notre groupe en gardant une distance de sécurité. Dans le second village de la tribu Akha, des hommes nous ont proposé des petites galettes à déguster que certains ont goûté avant que notre guide nous le déconseille. Trop tard, mais cette dégustation n’eut aucune conséquence .
 Dernière halte au temple bleu de Chang Rai : Wat Rong Sua Ten. En 1996, alors que le temple devenait de plus en plus délabré, les villageois décidèrent d’un commun accord de construire un nouveau lieu de culte pour accueillir le public et les fidèles en toute sécurité. Sa construction débuta en 2005. Le hall d’ordination a été inauguré en 2016. Il abrite un Bouddha blanc d’une taille impressionnante qui est arrivé en 2008 dans l’édifice. Le temple est gardé par des Nagas bleus et violets (créatures légendaire mi-dragons mi-serpents).

Nous arrivâmes à l’heure du diner pour nous restaurer et nous reposer de cette journée bien remplie dans l’hôtel colonial Khamthana.
Charline Kelner

Lundi 23 mars 2026 – jour 8

Les hauteurs de la Villa royale à la plaine du Mékong
Départ de l’hôtel de Chiang Raï en direction de la Villa royale de Doï Tung, à 50 kilomètres au nord. On entame l’ascension de la belle et longue route vers les montagnes dans de curieux véhicules au confort spartiate et pilotés par des acrobates qui secouent les voyageurs, agrippés à ce qu’ils peuvent pour ne pas s’effondrer sur le voisin !
La Villa royale a été bâtie pour la Princesse-Mère Srinagarindra, la mère du roi Bhumibol
Adulyadej. L’édifice mêle les styles architecturaux lanna, traditionnel, et suisse, où vécu longtemps la Princesse-Mère. Majoritairement en béton, la villa est ornée de dalles de bois de noyer brun et de teck recyclé, avec des sculptures raffinées. L’ide d’un audio guide en français, la visite nous plonge dans l’histoire récente du pays. Ici, on sent à la fois la tradition et l’ouverture au monde. Le plafond du hall principal reproduit la constellation présente le jour de la naissance de la Princesse, le 21octobre 1900, symbole de son attachement à la science et à la culture. Elle possédait aussi un sens social développé qui lui valut l’admiration et la vénération du peuple. Les idées novatrices de cette féministe avant l’heure en firent l’un des personnages les plus aimés du pays. La visite se poursuit par une déambulation dans le superbe jardin botanique, rempli de fleurs rares et d’orchidées, et l’arboretum, une forêt restaurée, synthèse de la biodiversité locale.
Nous quittons les montagnes pour redescendre vers le mythique Triangle d’Or, célèbre pour sa guerre de l’opium. La culture du pavot, du XIXᵉ siècle jusqu’en 1970, fut une véritable aubaine économique pour la région. Il se situe aux confins du Myanmar, l’ex-Birmanie dirigée depuis 2021 par un régime autoritaire suite à un coup d’État militaire, le Laos, sous forte influence chinoise, et la Thaïlande, royaume de Siam jusqu’en 1939, envahie par les seuls Khmers aux XIe et XIIe siècles.
Le Triangle d’Or fut au cœur de la production mondiale d’opium des années 1960-1970 et des conflits qui en ont découlé. Selon une étude de l’université de Chiang Maï, la consommation aurait fortement augmenté jusqu’en 2024 dans les huit provinces du nord du pays. Mais des cultures alternatives comme le thé, le café et le riz ont fait baisser la production. Le tourisme en a profité et s’est largement développé, comme nous l’avons constaté.
Après le repas, à l’aide d’embarcations locales, nous voguons sur le célèbre fleuve Mékong,d’environ 4500 km de long. A Sop Ruak, il accueille un affluent, la rivière Ruak, qui colore de brun ses eaux « plus claires, mais pas plus propres », selon l’expression de Yot, notre guide érudit. A moins que ce ne soit l’inverse !
Depuis le fleuve, nous longeons les buildings modernes de la rive laotienne, dont une partie appartient à des hommes d’affaires chinois qui y ont développé casinos et autres lieux attirant des touristes venus notamment de l’Asie du Sud-Est, mais aussi de beaucoup plus loin. Le Mékong est un trait d’union entre trois peuples, un sentier vers des destins communs et une espérance vers une forme discrète de sagesse.
Luc DANOS
Video : René POHL

 

Mardi 24 mars 2026 – jour 9
Ce matin, nous quittons l’Hôtel Khamtana Colonial, sous une chaleur moite mais supportable, nous prenons la direction de la villa royale de Doi Tung résidence de montagne alliant le style lanna et l’architecture des chalets suisses.
La reine Sirikit de Thaïlande, mère de l’actuel roi Rama X incarnait le faste de la monarchie, elle était l’âme de son peuple qui lui valait le respect de tous. Elle a consacré sa vie à éduquer, instruire son peuple, a lutté contre la prostitution et la drogue.
S’ensuit une petite croisière sur le fleuve Mékong, 4900 km, venant du Tibet et se jetant dans la mer de Chine. Ce fleuve n’est pas pollué : sa couleur marron vient essentiellement des sédiments naturels: argile, limon, sable. Sur ce fleuve nous nous trouvons proche du triangle d’or (Birmanie, Laos, Thaïlande), nom qui évoque la forme géographique de la région et les échanges d’opium autrefois réalisé contre de l’or.
Ensuite nous partons visiter le musée de l’opium à Chiang Saen, ce sont des tribus montagnardes qui ont amené l’opium. Jusqu’en 1965 l’opium était exploité et le pays basait essentiellement son économie sur cette culture. Nous traversons des salles où sont exposés des pipes et autres ustensiles propres à cette consommation.
Nous terminons notre journée par la visite d’une exploitation d’ananas (variété Victoria).
Juliette  Saingier

Mercredi 25 mars 2026 – jour 10
Départ matinal pour le temple boudhiste de Wat Pra That Doi Suthep.
Situé à 13 km de Chiang Mai, juché sur une colline rocheuse, un long escalier monumental de 306 marches, bordé de serpents nagas, nous conduit au portail de l’entrée du temple. (Personne ne dira qu’il n’était pas essoufflé, sauf ceux qui ont pris le téléphérique)
Nous découvrons un temple magnifique de 24 mètres de hauteur recouvert d’or, de forme octogonale, une toiture en gradins et une flèche effilée aux flamboyantes dorures. Il brille au soleil et est somptueux.
Puis départ pour les magasins d’usine
Nous sommes entourés de vêtements de soie, de sacs en cuir, de bijoux merveilleux, de laques un peu “kitch”, d’argenterie etc… (Bon !, je crois que la prochaine fois, je viendrai avec un sac à dos plein de baths) !!
Départ pour le train de nuit de la gare de Lampang. Nous patientons un long moment pour le train qui ne part qu’à 23H. Le train arrive enfin, nous nous installons dans le wagon couchettes. Notre panier repas est vite avalé. Un employé vient installer notre lit : draps propres, couchette confortable. Des rideaux nous isolent de nos voisins. Il est 11H30 – le wagon est calme. Tout le monde “dodo” et ma foi, j’ai passé une bonne nuit. A 5H. du matin, l’employé revient transformer les couchettes en sièges avec une rapidité incroyable. (Belle expérience du “TGV Taï que je pensais beaucoup plus vétuste)
Francette Pohl

Jeudi 26 mars 2026 – jour 11-  Bangkok

Après une nuit pittoresque dans le « TGV Thaï » qui nous a menés de Lampang à Bangkok, nous sommes arrivés à destination vers 5 h du matin. Embarquement immédiat dans notre cher car à destination de l’hôtel Asia, où nous attendaient quelques chambres réservées pour une douche ainsi qu’un petit déjeuner copieux.
Propres et rassasiés, nous sommes partis à la découverte de Bangkok, gigantesque mégalopole de 12 millions d’habitants (sur les 63 millions que compte la Thaïlande), qui vit le jour en 1782 sur la rive orientale du fleuve Chao Phraya. Les immeubles vertigineux côtoient les modestes habitations de bois et de tôles, les somptueux palais royaux et les temples dorés.
Après avoir traversé le quartier des Palais et Ministères et la vieille ville de Bangkok, entourée de douves pour assurer sa protection autrefois, nous sommes arrivés au Wat Arun, situé au bord du fleuve. Ce temple, également appelé Temple de l’Aube, est dédié à la divinité Aruna, déesse de l’Aube. La construction du Prang central, haut de plus de 80 mètres, fut entreprise sous le règne de Rama II. Le Prang central, de style khmer et les 4 petits qui l’entourent, sont ornés de fragments de porcelaines chinoises formant des motifs floraux. Des sculptures de soldats chinois et d’animaux montent la garde. Nous avons pu observer de nombreux thaïlandais qui louaient des costumes pour se prendre en photo dans ce décor.
Nous avons ensuite embarqué sur une pirogue pour une balade sur les canaux (Klongs), qui ont valu à Bangkok d’être considérée autrefois comme la Venise de l’Extrême Orient, avec un réseau de canaux qui servaient au transport des hommes et des marchandises. Ces canaux se déploient dans le quartier de Thonburi. La vieille ville s’étale sur notre droite et la ville moderne sur la gauche. Nous avons pu admirer le musée des barges royales puis des bateaux de la marine Thaïlandaise. Une succession de maisons sur pilotis, un temple avec un Naja et une femme Boudha ont agrémenté notre parcours. Petit arrêt pour donner du pain à des carpes et des poissons chats qui étaient visiblement des habitués de ce « resto flottant » ! Nous avons également pu voir quelques beaux varans, au repos ou nageant…
Après cette belle promenade, nous avons accosté pour rejoindre un restaurant au bord du fleuve Chao Phraya et nous régaler d’un bon déjeuner.
Direction ensuite le Wat Pho et son Boudha couché de 46 mètres de long et 15 m de haut, érigé par Rama III en 1832. Sa structure intérieure est en brique, habillée de plâtre et recouverte de feuilles d’or. La plante de ses pieds est incrustée de nacre. Le Boudha repose dans le sanctuaire principal. Quatre stupas (Chedis royaux) représentent les quatre premiers rois de la dynastie Chakri, dynastie actuellement régnante en Thaïlande, qui prit la succession des rois d’Ayutthaya défaits par les Birmans.
Un ensemble de galeries encadrent la salle d’ordination où nous avons également pu admirer des alignements de Boudhas dorés assis.
Enfin, un pavillon de médecine abrite des dessins représentant les points d’acupuncture, rappelant que le site héberge une école de massage et de médecine traditionnelle réputée.
Direction ensuite le marché aux fleurs de Pak Khlong puis découverte du quartier chinois de Yaowarat, situé à l’ouest et plus vieux quartier de la capitale avec des communautés installées depuis plus de deux siècles. Temps libre pour se perdre dans les ruelles de ce quartier et son explosion de couleurs, de parfums et de saveurs.
De retour à notre car, était venu le temps des adieux à notre chauffeur et son assistante puis de la traditionnelle photo de groupe, avant le transfert à l’aéroport et notre retour.
Cette dernière journée fut à l’image de l’ensemble du voyage, variée, colorée, trépidante et le parfum du départ l’a rendue encore plus savoureuse !!
Béatrice Quillet

Vendredi 27 mars 2026 – jour 12
Retour
La Thaïlande n’a laissé personne indifférent. Chaque visite a été un dépaysement complet, une multitude de découvertes, des souvenirs inoubliables. Un pays qui a su garder son identité malgré l’affluence des touristes !
Nous n’oublierons pas notre guide plein d’humour et ses expressions trop drôles, oh la la !, cueillir la fleur et tuer le lapin correspondant à des besoins naturels et que seuls les initiés comprendront.
Francette

Editorial
« Ouvrir l’esprit ! »
Yot, notre guide thaï, profondément bouddhiste, nous a fourni le principal bagage du voyageur : l’ouverture d’esprit !
Munis de ce viatique, nous pouvons parcourir le monde et y découvrir ses
richesses. En Thaïlande, nous sommes aux confluents de diverses cultures et religions, baignées de bouddhisme, animisme et autres philosophies asiatiques. On pourrait comparer ces spiritualités au stoïcisme. Cette école philosophique, née à Athènes au IIIe siècle avant Jésus Christ, propose une vie guidée par la raison. La vertu est le bien suprême et l’on apprend à accepter les événements extérieurs tout en cultivant la sérénité intérieure. Le Bouddha ne montre pas autre chose : une voie vers le Bonheur. Même si ce concept est plus accessible à la spiritualité asiatique, nous pouvons
nous en inspirer, nous, cartésiens européens en quête d’un bonheur universel.
« C’est la vie », dirait notre guide. Il ajouterait que c’est un bon remède pour ne pas avoir “mal à la tête”
Luc Danos

Les gens du voyage…par René P

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *