UZES – 4 juin 2026

Uzès, une richesse « ferro, non auro »
 
Uzès, premier duché de France, déroule une histoire riche et mouvementée depuis le 1er siècle avant Jésus-Christ et l’époque des Volques, un peuple issu de populations de culture celte et ibère du sud de la Gaule.
Jules César d’abord, puis Cicéron les mentionnent dans leurs ouvrages.
Depuis la Chapelle des Capucins, siège de l’Office de tourisme, Amandine, notre guide, nous emmène dans le temps, via quelques sites antiques et une architecture plus récente. La tradition et la vie moderne font de cette ville de 8 500 habitants un lieu lumineux et apaisant où semble régner une certaine douceur de vivre.
Parmi les célébrités qui forgèrent son histoire, on peut citer la maison de Crussol dès l’an 1215, admise à la Cour au 18e siècle. Par mariage en 1486, la famille reçut la terre d’Uzès, érigée en duché en 1565 et en pairie en 1572. Le titre de duc de Crussol fut porté par le fils aîné du duc d’Uzès. Il a été donné cinq fois par le roi de France entre 1674 et 1815. Aux 19e, 20e et 21e siècles, le titre a été porté par courtoisie par le fils aîné du duc d’Uzès. Il l’est toujours !
Nous passons devant l’Hôtel de Ville (18esiècle) à la façade sud ornée de pilastres à chapiteaux ioniques. Juste à côté, le Duché d’Uzès, un château dont la construction débuta au 11ème siècle, a marié adroitement diverses influences architecturales jusqu’au début de la Renaissance (15e siècle). Les trois ordres
d’architecture agrémentent les pièces du rez-de-chaussée (ionique), du premier étage (dorique) et du second (corinthien). Sur une façade, la porte principale est ornée des armoiries des ducs et de leur devise, «ferro) non auro » (par le fer non par l’or), qui souligne symboliquement que la vraie valeur ne réside pas dans l’or,
et la richesse matérielle, mais dans l’effort, le courage et la volonté représentés par le fer.
Notre déambulation nous fait passer devant l’Hôtel Chambon de La Tour et sa façade classique du 18e siècle, l’Hôtel Barlatier datant du Moyen-Âge, l’hôtel particulier du baron de Castille, né à Uzès en 1747, qu’il
s’offrit au début du 19e siècle. Puis c’est l’ancien évêché, palais épiscopal, résidence de l’évêque. Les guerres de religion ne l’ont pas épargné. Tout comme la cathédrale Saint-Théodorit qu’il jouxte. Un édifice religieux dont l’orgue remarquable fait la fierté de la ville. Du haut de ses 42 mètres, la tour Fenestrelle, bâtie au 12e siècle, est le clocher de la cathédrale. Du 5e siècle jusqu’à la Révolution, Uzès vécut au rythme des guerres de religion qui ensanglantèrent la France, le pays d’Uzès en particulier.
Au détour des rues et ruelles propres et claires, nous découvrons l’Hôtel du Diocèse civil, maison consulaire devenue hôtel de ville avant d’être détruite par un orage en 1763 et rebâtie face au Duché. Sa grille d’entrée est imposante. Suite de la visite par le Jardin médiéval et ses Tours, celle de l’Evêque (12e) et du Roi (13e).
Un point de vue superbe sur les environs nous laisse imaginer le travail herculéen fourni par les Romains, déjà bâtisseurs de thermes, pour creuser 50 kilomètres de canalisations, à 90 % enterrées, et 17 ponts (dont le célèbre Pont du Gard) afin d’acheminer de l’eau jusqu’à Nîmes !
Nous nous posons quelques instants sur la splendide et moyenâgeuse Place aux Herbes, aux maisons construites par des marchands, devenues parfois de riches hôtels particuliers avec des arceaux débordant sur la place mais autorisés par les consuls à condition de laisser un passage libre pour la population.
Après un déjeuner convivial à l’ombre de la Chapelle des Capucins, nous prenons la direction du Jardin des Oules, à quelques kilomètres d’Uzès sur la commune de Saint-Victor-des-Oules. Au pied du château, nous pénétrons hors du temps, sur moins de 2 hectares, datant de la fin du 19e siècle et né de la volonté et de la
passion de Léonce Pascal, un ancien maire d’Uzès. Sans financement public, grâce à des mécènes et de généreux donateurs, le lieu, laissé à l’abandon pendant 50 ans, s’est transformé. Aujourd’hui, un labyrinthe composé de 1200 oliviers pyramidaux, de bambous et autres espèces, un théâtre de verdure, des sculptures monumentales et un parcours hydraulique, calme et frais, accueille des visiteurs aux mois de juillet et d’août.
La pluie qui tomba sur les saint-georgiens au moment de reprendre le car du retour n’effaça pas de leurs mémoires cette brève plongée dans l’Histoire et dans la vie d’une charmante cité du Languedoc.
Luc Danos.
 
Je remercie toutes les personnes qui, par leurs compte-rendus, leurs photos font vivre le site.
Passez un bel été et retrouvons nous en pleine forme à la rentrée.
Francette
 
Galerie 1: Jean-PauL L

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Galerie 2 et 3 Jean-Claude B

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